Reverdir la terre avec des forêts fruitières

(article précédent : Revenir à la base des besoins humains)

Depuis que la vie a émergé sur terre, les végétaux poussent sans notre aide ni notre dur labeur. De même que les autres primates, nos très lointains ancêtres n’ont pas eu a travailler à la sueur de leur front pour se nourrir. Et pour cause : leur nourriture, à portée de main et de grimpette, faisait partie d’un système pérenne. Celui des forêts. Le biotope le plus abondant de notre planète est la forêt ! Comme les océans, elles font partie des sources principales d’oxygène de notre terre. Et elles prodiguent aux animaux refuge et nourriture.

Mais comment appliquer cela même dans les zone désertiques, comme le Tchad où j’ai grandi ? Peut-on recréer une forêt ? Cela laisse rêveur.

Eh bien on le peut ! Dès lors que l’on comprend son fonctionnement. Si vous avez lu le livre “La vie secrète des arbres“, vous savez déjà à quel point les éléments d’une forêt vivent en symbiose. Les arbres font des feuilles. Les feuilles et les fruits tombent au sol. Les petits animaux et les insectes contribuent à changer ces produits en compost, à nourrir la terre au pied de l’arbre et à abreuver l’arbre en eau (en partie) et en nutriments. Le sol est meuble, riche de vie sous terraine, de réseaux de racines, propice aux échanges et à laisser l’eau s’infiltrer. Et il est protégé de la déshydratation par la couche de végétaux au pied de l’arbre, mais aussi par sa canopée qui apporte de l’ombre et empêche le sol de trop s’assécher.

J’ai eu le plaisir de voir des projets de ce type émerger et perdurer, tels que “Greening the desert” de Geoff Lawton, en Jordanie, ou encore celui de Pierre Rabhi, d’abord commencé dans sa région aride d’Ardèche, puis suivi par d’autres projets tel que “Reverdir le Sahel“, pour lutter contre la faim dans le monde.

Cependant, j’ai envie d’aller plus loin dans ma réflexion. Je pense qu’il ne suffit pas de reverdir, il faut aussi penser notre alimentation autrement. Les forêts fruitières ou “Forest garden” sont des systèmes où la base nourricière est le fruit. Attention, il ne s’agit pas de grandes monocultures d’arbres fruitiers comme on peut en voir actuellement ! Au contraire, il s’agit de recréer une forêt, avec toute la diversité que cela engendre, aussi bien au niveau des variétés que des étages de végétation :

Tout ces éléments vivent en synergie et composent un système durable et profitable à tous, que ce soit aux humains pour la nourriture variée et en abondance, aux animaux pour la nourriture et le refuge, à la planète pour l’oxygène…

Cela nous donne un bon exemple de ce que l’on peut attendre du fonctionnement sur notre belle planète.

Je pense que les champs de céréales ou de légumes tels qu’on les cultive actuellement, en immenses monocultures (bien souvent truffées de désherbants et de pesticides pour éviter que la nature reprenne son droit et ne redevienne… une forêt riche et variée !), sont épuisantes pour la terre et pour la faune autant que pour les hommes à entretenir et à cultiver. Ils sont des aberrations pour la biodiversité et pour l’avenir. Les céréales sont une source alimentaire moins durable, sans compter que je la trouve moins intéressante que les fruits et les légumes-racines au niveau nutritionnel.

Il y a en moi l’âme d’une survivaliste. Que nous vivions en plein désert, que nous faisions face à une apocalypse remplie de zombies mutants ou que nous envisagions de prendre notre futur en main, il faut savoir comment agir à l’échelle individuelle. Rien ne sert d’attendre que la solution vienne des autres. Rien ne sert de critiquer sans fin son voisin ou notre gouvernement. Nous ne pouvons compter sur personne d’autre que sur nous-même. Il nous faut apprendre à être l’acteur principal, le moteur de notre propre survie.

Dans mon prochain article, je vous présenterais un système de potager autonome qui peut se greffer à une forêt fruitière, le “Keyhole garden”.

(article suivant : Créer son potager autonome)

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