spiritualité (3)

Que ce soit dans mes articles, dans mes émissions de radio ou sur YouTube, je parle énormément de paix et d’amour. Parfois je me dis que je dois passer pour une personne naïve ou idéaliste. Peut-être est-ce le cas… J’aime croire qu’un autre monde est possible.

Cet amour, c’est ma force. C’est ce qui me permet de me plonger dans la noirceur et d’en ressortir indemne ou d’entrer plus vite en résilience. Je le vis chaque jour, au travers de mes rapports aimants et patients avec mes proches, de l’éducation que je donne à mes enfants sans cris, disputes ni punitions. 

Je ne cherche pas à être parfaite et je fais bien des erreurs, j’essaye juste de ne pas me juger et de m’en servir comme tremplin pour sans relâche construire quelque chose de meilleur en moi, qui permette de nourrir des relations saines et guérisseuses.

Car tout changement commence à l’intérieur de soi.

Le jour où j’ai choisit entre l’amour et la haine

La question la plus profonde et la plus importante que j’ai été amenée à me poser au cours de ma vie est celle de savoir ce qui guidera mes pas.

L’amour, ou la haine ?

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La violence en l'humain

Lorsqu’on regarde autour de soi on a parfois envie de hurler et de se renfermer sur soi-même dans un sentiment de désespoir.

Au cours de ma vie j’ai croisé des enfants soldats armes aux poings, j’ai vu des gens arnaquer et dépouiller ceux mêmes qui essayaient de les sortir de la misère, des chefs de village réquisitionner des frigos destinés aux campagnes de vaccination des enfants afin d’y mettre leur bières, des dirigeants utiliser les impôts de la population pour acheter des armes et s’enrichir tandis que la population souffrait. J’ai vu des amis s’engager dans la guerre et mourir, j’ai vu les ravages des attaques faites à la machette sur le corps d’innocents, j’ai bercé dans mes bras des bébés en train de mourir de malnutrition et de malformations. J’ai subit le racisme envers les blancs, les coups et les pierres lancées à la tête. J’ai aussi été violée et abusée de multiples façons.

Tout cela bien avant d’avoir seulement 24 ans.

J’ai appris dans mes tripes à quel point la misère, la violence et la haine nous plongent dans le désespoir et nous donnent envie de haïr le monde à notre tour. Des gens se tournant totalement vers la haine j’en ai connu. Tout cela m’ayant sans doute sensibilisée et ouvert les yeux, j’ai remarqué comment nous infligeons la même violence froide aux animaux, et comment nous détruisons la planète dans l’insouciance la plus totale.

Un jour, à 25 ans, à bout psychiquement, j’ai voulu que tout s’arrête. Je me sentais totalement et irrémédiablement impuissante, et pourtant au fond de moi je décidais qu’il y avait encore une chose que je pouvais faire : décider quel regard je choisirais de porter sur tout cela.

J’avais constaté si longtemps comme le mépris ferme le cœur des gens, comme la colère des autres nous fait nous sentir mal, combien la haine est contagieuse.

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Briser le cycle de la haine

Comment briser ce cycle ? La seule solution qui était en mon pouvoir était de cesser de l’alimenter. Après tout si le cercle de la haine est si puissant, c’est parce qu’on le laisse exister, qu’on le laisse avoir prise sur nous. En faisant ça on le perpétue. En faisant vivre la haine et la colère en nous et en le faisant savoir, on l’alimente dans le cœur des gens qui nous croisent.

Alors j’ai cherché à voir si je pouvais inverser ce cycle a mon échelle, pour répandre la paix et l’amour plutôt que la haine et la crainte. J’ai retrouvé l’homme qui m’avait violée, je lui ai parlé en face à face pour le pardonner et j’ai été émue par ses larmes de regret, son parcours difficile, son séjour en hôpital psychiatrique après l’évènement. J’ai réalisé de façon puissante à quel point le pardon est libérateur pour celui qui pardonne, combien cela le détache de la souffrance en lui rendant son propre pouvoir, en le plaçant au dessus de la situation et combien ça lui permet d’aller de l’avant et de se réinventer. Mais ça libère aussi celui ou ceux qui ont mal agit, ça leur donne une véritable chance de changer, et la motivation qui va avec.

C’est ainsi que l’on crée un nouveau cycle, un cycle de paix.

J’ai cherché à créer la paix à mon échelle, à pardonner les gens (et moi-même !) de ne pas êtres parfaits, à ne plus en vouloir au monde d’être tel qu’il est. J’ai cherché à aimer sans condition. La seule chose qui compte c’est qu’il y a une fibre de bonté en chacun, même en les pire bourreaux, cette fibre mérite de l’amour, et nécessite de l’amour pour grandir.

Je ne cherche plus à avoir de l’impact, à convaincre, à changer les choses ou les gens car ça n’a jamais marché, créant parfois l’effet inverse de celui escompté. Cela peut te sembler étrange, mais je suis convaincue que c’est lorsque l’on lâche-prise et que l’on cesse de vouloir tout changer, que l’on permet justement aux choses de changer…

A 25 ans j’ai pris la décision ferme d’amorcer le changement dans le cœur des gens par ma simple attitude pacifiste et positive à leur égard et à l’égard du monde. C’est la seule chose que je puisse faire, le reste dépendant d’eux… et j’ai apprit à me détacher de ce qu’ils en feront.

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transmettre l'amour

A 40 ans, 15 ans plus tard, je peux t’assurer d’une chose, c’est que cela marche.

Imagine toi au côté d’une personne sereine, joyeuse et heureuse de vivre, qui t’accepte tel que tu es sans chercher à te transformer selon ses attentes, qui t’encourage au quotidien, crois en ce qu’il y a de beau en toi, te témoigne son admiration. N’aurais-tu pas le sentiment que tout t’es possible, que la vie est merveilleuse ? N’aurais-tu pas envie de devenir chaque jour meilleur grâce à elle ? Eh bien, sois cette personne, inspire cela aux autres, tu ancreras l’amour et la paix dans les cœurs.

Les gens ont tendance à voir en eux-mêmes ce que l’ont voit en eux. Plus grandiose est notre vision, plus grande sera leur volonté d’atteindre et d’exposer la part d’eux-mêmes que nous leur avons montré.” (Neale Donald Walsh).

Et peu importe que tu ne perçoives pas le changement rapidement. Cela prend du temps et demande de la détermination. Je préfère en être détachée car il peut prendre bien des formes, emprunter bien des chemins, qui me sont inconnus, qui ne dépendent plus de moi. Mais cela fonctionne, lorsque je vois la relation belle et saine que j’ai développé avec mes enfants depuis 15 ans et avec ma famille et mes amis.

L’essentiel, c’est que j’agis ; je donne le meilleur, je fais ma part et j’accepte ce qui vient.

épreuves après épreuves

Parfois oui, la vie t’enchaine et tu peux perdre tous tes repères. Ne plus savoir qui tu es, pourquoi tu es là, et si ça vaut la peine de lutter.

Ces dernières années, j’ai appris à me protéger. Lorsque nos limites d’acceptation sont très élargies, on en vient parfois à ne plus être capable de redresser des situations qui sont intolérables envers nous et étouffent notre être. C’est ainsi qu’on se voit revivre des schémas d’abus ou de maltraitance. Lorsque donner inlassablement de l’amour ne marche pas, il faut savoir renoncer, s’éloigner, se protéger.

Car savoir dire stop, ce n’est pas que pour les autres, c’est aussi pour soi. Refuser la violence c’est d’abord et toujours à notre échelle. C’est notre boussole quand on se sent perdu. Trouver la force de tout bouleverser, même parfois de façon véhémente, pour faire opérer la justice et retrouver la voie qui nous mène à plus de paix.

Redresser la barre devient alors un chemin qui demande beaucoup de courage, de confiance en soi ; d’humilité, aussi.

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garder le cap sur sa boussole intérieure

Ma force je l’ai puisée dans cette certitude que quoi qu’il arrive, je ne laisserais pas les évènements me plonger dans la haine de l’autre. Chacune de mes réactions, chacun de mes choix de vie, de consommation, tendent vers cette paix. Ce n’est pas un point de vue naïf, je pense au contraire que c’est le choix le plus lucide et le plus puissant que j’ai pu faire dans ma vie.

Ne te sous-estimes pas, car cette façon d’agir, de choisir et donner l’amour sans attente et donc sans relâche, est l’action la plus puissante au monde. Son influence et ses implications dépassent tout ce que tu peux imaginer.

Nous n’avons pas le choix. Le monde avance et si on le souhaite plus juste, il n’y a pas d’alternative.